Maciej Kuszela est né en 1956 à Duszniki Zdrój, en Pologne. Depuis 1981, il travaille et crée à Pozna?. Il termine, en 1994, les Hautes Etudes de Photographie de Varsovie puis devient, dès 1995, membre de l’Association des Artistes Photographes Polonais (ZPAF). Au cours des années 80, il est reporter photographe à l’hebdomadaire polonais WPROST, puis au mensuel NURT. Depuis 1990, il est photographe indépendant.

La photographie de Maciej Kuszela dévoile plusieurs tableaux: portraits, paysages, architecture, intérieur, jardins. Outre cette multiplicité thématique, le photographe joue également sur une diversité technique dans l’exécution même de la photographie et dans son traitement.
Maciej se sert souvent, comme dans le cas des photographies présentées à l'Orangerie du Thabor, d’agrandissements d’excellente qualité, réalisés à partir de négatifs au format minimum de 8 x 10 cm et utilise la technique du polaroïd et du grand-angle.
Le plus souvent, il photographie des vues banales, mais dont l’enfermement dans le cadre, provoque d’inhabituelles rencontres. Comment cela se passe-t-il? Pendant le traitement des négatifs, l’auteur pratique des manipulations photographiques nettement formelles. En général, ce sont des actions conscientes, mais parfois complètement fortuites (écorchures ou éraflures accidentelles). Chaque fois, elles donnent des résultats imprévisibles. Il est lui-même toujours curieux de ce qui en ressort : quand il laisse intentionnellement la substance du révélateur sur le film, qui « ronge » l’image, quand il conserve incorrectement les négatifs et que des champignons y poussent, quand il fait des empreintes qui commencent à « agir » parmi les éléments de l’image. Il faut ajouter que le papier à gros grains qu’il utilise, radoucit – en étouffant les détails - toutes ces ingérences.
La vue, saisie dans des cadres inégaux, obtient grâce aux traitements, un espace en quelque sorte supplémentaire. Parfois même plusieurs. Cela joue sur sa dramaturgie. Et sur l’ambiance.
Ces photographies sont tantôt le récit de l’écoulement, de l’insignifiance de la vie, de la mort, tantôt le récit du secret de l’être, ou encore un jeu de formes esthétiquement agréable.
„Tout se dissimule sous le voile, l’image claire et transparente sous la gelée pénétrante, le motif sous le motif, le cadre sous le cadre. Il joue avec le secret qui, c’est sûr, n’existe pas le moins du monde. Il joue davantage avec la préparation du secret. Les images se superposent: c’est la toile de l’autel d’une église, ou une vue de la ville? (...) c’est ainsi que l’on peut – et qu’il faut parfois - tout voir. On y gagne de la distance” (Monika Piotrowska, préface du catalogue d’exposition des photographes polonais à Hanovre, 2005)

Fabienne Le Gall (d’après un texte de Bo?ena Anna Kuszela)