Zbigniew Libera est l’une des figures les plus marquantes et intéressantes de l’art polonais des années 80 et 90. Artiste polonais né en 1959, à Pabianice (près de Lodz, Pologne), il commence à tourner ses premiers films et à faire des photos dans son enfance, à la fin des années soixante et démarre sa carrière artistique dans la scène « non-officielle » polonaise des années 1980.
Ses oeuvres - photos, vidéos, films, installations, objets et dessins – intellectuellement mordantes et subversives, jouent avec les stéréotypes de la culture contemporaine. Ses vidéos quelque peu choquantes des années 80, dont Obrz?dy intymne (Rites intimes) et Perseweracja mistyczna (Persévérance mystique), ont précédé le body art de 10 ans. Elles montrent la fragilité du corps humain et la précarité de la vie, de même que le besoin incessant de spiritualité. (elles sont visibles sur ce site: http://www.raster.art.pl/galeria/artysci/libera/video.htm)
Au milieu des années 90, Libera commence à créer ses Urz?dzenia korekcyjne (Appareils correctifs) –objets qui sont des modifications de produits existants, objets de la consommation de masse, par exemple Universal Penis Expander ou Body Master. Zestaw zabawowy dla dzieci do lat 9 (Kit de jeu pour enfant jusqu’à 9 ans). Il a également réalisé des projets de jouets transformés – oeuvres qui révèlent les mécanismes de l’éducation et du dressage culturel, dont Lego. Obóz koncentracyjny (Lego Camp de Concentration) est le plus renommé. Dès lors, il devient l’un des piliers de l’art critique, également au sens institutionnel – en dépit du développement de sa carrière, il reste toujours très proche des milieux indépendants. Au cours des dernières années, il s’intéresse beaucoup à la photographie, particulièrement à la spécificité de la photo de presse et à la façon dont les media forment notre mémoire visuelle et manipulent l’image de l’histoire (œuvres des séries Pozytywy (Positifs) et Mistrzowie (Les Maîtres), 2003).
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L’œuvre interdisciplinaire de Zbigniew Libera s’avère être l’une des conceptions les plus controversée et à la fois une des plus influentes, formatrices du caractère de l’art polonais des années 90 et du début du XXIème siècle.


Lego systems (1996) : ensemble de sept boîtes vides, sur lesquelles sont représentées diverses scènes évoquant les camps de concentration. Elles sont construites à l’aide des célèbres briques en plastique. Aucune référence spécifique à la deuxième guerre mondiale ne s’y trouve. Les mêmes pièces pourraient être aussi bien assemblées pour créer autre chose. Les pièces sont prises du stock Lego existant, suggérant que les éléments pour ces atrocités existent dans notre société et que l’histoire elle-même se répète. Tout dépend de l’imagination de celui qui les assemble. Libera veut démontrer le danger potentiel qu’un innocent jeu d’enfant soit perverti pour se transformer en construction du Mal. Le Jewish Museum de New York a acquis cette œuvre en 1997.